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raison d’un taux plasmatique élevé de l’alpha-glycoprotéine acide, une protéine plasmatique liée à
l’imatinib, chez ces patients. Chez les patients présentant une altération de la fonction rénale la dose
minimale initiale de traitement est recommandée. Les patients présentant une altération sévère de la
fonction rénale devront être traités avec attention. La dose peut être réduite si elle est mal tolérée (voir
rubrique 4.2 et 5.2).
Un traitement à long terme par imatinib peut être associé à une détérioration cliniquement significative
de la fonction rénale. La fonction rénale doit donc être évaluée avant le début du traitement par
imatinib et étroitement surveillée pendant le traitement, en portant une attention particulière aux
patients présentant des facteurs de risque d’altération de la fonction rénale. Si une altération de la
fonction rénale est observée, une prise en charge et un traitement adaptés doivent être mis en place en
accord avec les recommandations standards de traitement.
Population pédiatrique
Des cas de retard de croissance chez les enfants et pré-adolescents recevant de l’imatinib ont été
rapportés. Dans une étude observationnelle chez les patients pédiatriques atteints de LMC, une
diminution statistiquement significative (mais d’une pertinence clinique incertaine) de la médiane du
score d’écart type de la taille après 12 et 24 mois de traitement a été reportée dans deux sous-groupes
de taille limitée, indépendamment du statut pubertaire ou du sexe. Une surveillance étroite de la
croissance chez les enfants traités par imatinib est recommandée (voir rubrique 4.8).
4.5 Interactions avec d’autres médicaments et autres formes d’interactions
Substances actives pouvant augmenter les concentrations plasmatiques d’imatinib
Les substances inhibant l’activité de l’isoenzyme CYP3A4 du cytochrome P450 (par exemple :
inhibiteurs de protéase tels qu’indinavir, lopinavir/ritonavir, ritonavir, saquinavir, télaprévir,
nelfinavir, bocéprévir ; antifongiques azolés tels que kétoconazole, itraconazole, posaconazole,
voriconazole ; certains macrolides tels qu’érythromycine, clarithromycine et télithromycine)
pourraient diminuer le métabolisme de l’imatinib et donc augmenter les concentrations plasmatiques
de l’imatinib. Une augmentation significative de l’exposition systémique à l’imatinib (la valeur
moyenne de la Cmax et de l’ASC (Aire sous la courbe) ont respectivement été augmentées de 26% et
40%) a été observée chez des volontaires sains lors de l’administration d’une dose unique de
kétoconazole (un inhibiteur du CYP3A4). La prudence est requise lorsque l’imatinib est administré
avec des inhibiteurs du CYP3A4.
Substances actives pouvant diminuer les concentrations plasmatiques d’imatinib
Les substances agissant comme inducteurs de l’activité du CYP3A4 (par exemple : dexaméthasone,
phénytoïne, carbamazépine, rifampicine, phénobarbital, fosphénytoïne, primidone, Hypericum
perforatum (millepertuis)) pourraient réduire significativement l’exposition systémique à l’imatinib, et
potentiellement augmenter le risque d’échec thérapeutique. Un traitement préalable par 600 mg de
rifampicine à doses multiples suivies d'une dose unique de 400 mg de l’imatinib, a entraîné une
diminution de C
max et de l’ASC(0-infini) d’au moins 54% et 74%, par rapport à leurs valeurs respectives
sans traitement par rifampicine. Des résultats similaires ont été observés chez des patients atteints de
gliomes malins traités par l’imatinib et avec des antiépileptiques inducteurs enzymatiques tels que la
carbamazépine, l’oxcarbazépine et la phénytoïne. L’ASC plasmatique de l’imatinib a diminué de 73%
par rapport à celle des patients non traités par antiépileptiques inducteurs enzymatiques. L’utilisation
concomitante d’imatinib avec des inducteurs puissants du CYP3A4 devra être évitée.
Substances actives dont la concentration plasmatique peut être modifiée par l’imatinib :
L’imatinib augmente la valeur moyenne de la C
max
et l’ASC de la simvastatine (substrat du CYP3A4),
respectivement 2 fois et 3,5 fois, indiquant ainsi une inhibition du CYP3A4 par l’imatinib. L’imatinib
doit donc être associé avec prudence à des substrats du CYP3A4 dont l’index thérapeutique est étroit
(par exemple : ciclosporine, pimozide, tacrolimus, sirolimus, ergotamine, diergotamine, fentanyl,
alfentanil, terfénadine, bortézomib, docétaxel et quinidine). Par ailleurs, l’imatinib peut augmenter la
concentration plasmatique d’autres médicaments métabolisés par le CYP3A4 (par exemple triazolo-
benzodiazépines, inhibiteurs calciques de type dihydropyridine, certains inhibiteurs de l’HMG-CoA
réductase, c’est à dire les statines, etc.).