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Dans le sous-groupe de patients dont la maladie était sensible au platine, la différence était
plus importante : HR de 1,432 (IC à 95 % : 1,066 ; 1,923), p = 0,017. Les taux de survie à 1, 2
et 3 ans étaient respectivement de 74,1 %, 51,2 % et 28,4 % pour la doxorubicine liposomale
pégylée et de 66,2 %, 31,0 % et 17,5 % pour le topotécan.
Les traitements étaient comparables dans le sous-groupe de patients dont la maladie était
résistante au platine : HR de 1,069 (IC à 95 % : 0,823 ; 1,387), p = 0,618. Les taux de survie à 1,
2 et 3 ans étaient respectivement de 41,5 %, 21,1 % et 13,8 % pour la doxorubicine liposomale
pégylée et de 43,2 %, 17,2 % et 9,5 % pour le topotécan.
Une étude de phase III randomisée, en groupes parallèles, ouverte, multicentrique, comparant la
tolérance et l’efficacité de l’association doxorubicine liposomale pégylée + bortézomib versus
bortézomib en monothérapie chez des patients atteints de myélome multiple qui avaient reçu au
moins un traitement antérieur et qui n’avaient pas progressé pendant le traitement à base
d’anthracycline, a été conduite chez 646 patients. Une amélioration significative du critère
principal temps avant progression (TTP) a été observée pour les patients ayant reçu l’association
doxorubicine liposomale pégylée + bortézomib comparativement aux patients ayant reçu le
bortézomib en monothérapie, amélioration indiquée par une réduction du risque (RR) de 35 %
(IC à 95 % : 21-47 %), p < 0,0001, basée sur 407 événements TTP. Le TTP médian était de
6,9 mois pour les patients sous bortézomib en monothérapie, contre 8,9 mois pour les patients
sous doxorubicine liposomale pégylée + bortézomib. Une analyse intermédiaire définie par le
protocole (basée sur 249 événements TTP) a entraîné un arrêt précoce de l’étude, l’efficacité
étant démontrée. Cette analyse intermédiaire a montré une réduction du risque de 45 % (IC à
95 % : 29-57 %), p < 0,0001. Le TTP médian était de 6,5 mois dans le groupe bortézomib en
monothérapie, contre 9,3 mois dans le groupe doxorubicine liposomale pégylée + bortézomib.
Ces résultats, quoique précoces, constituaient l’analyse finale définie par le protocole.
L’analyse finale de la survie globale réalisée après une durée médiane de suivi de 8,6 ans n’a
montré aucune différence significative en termes de survie globale entre les deux bras de
traitement. La médiane de survie globale était de 30,8 mois (IC à 95 % ; 25,2-36,5 mois) chez
les patients traités par bortézomib en monothérapie et de 33,0 mois (IC à 95 % ; 28,9-
37,1 mois) chez les patients traités par l’association doxorubicine liposomale pégylée +
bortézomib.
5.2 Propriétés pharmacocinétiques
La doxorubicine liposomale pégylée est une formulation liposomale pégylée de chlorhydrate de
doxorubicine, ayant une longue durée de circulation sanguine. Les liposomes pégylés
contiennent des segments greffés en surface par le polymère hydrophile de
méthoxypolyéthylène glycol (MPEG). Ces groupements linéaires de MPEG sont étalés sur la
surface du liposome créant ainsi une pellicule protectrice qui réduit les interactions entre la
double membrane lipidique et les composés plasmatiques. Cette disposition permet aux
liposomes de doxorubicine liposomale pégylée de se maintenir pendant des périodes prolongées
dans la circulation sanguine. Les liposomes pégylés sont suffisamment petits (diamètre moyen
approximatif 100 nm) pour passer intacts (extravasation) à travers les vaisseaux tumoraux
altérés qui irriguent la tumeur. La preuve de la pénétration et de l’accumulation dans les tumeurs
des liposomes pégylés à partir des vaisseaux sanguins a été établie dans les carcinomes coliques
C-26 de la souris et chez la souris transgénique porteuse de lésions de type sarcome de Kaposi.
Les liposomes pégylés ont également une matrice lipidique de faible perméabilité et un système
tampon aqueux qui permet de maintenir le chlorhydrate de doxorubicine sous forme encapsulée
pendant le temps où le liposome reste dans la circulation.
La pharmacocinétique plasmatique de la doxorubicine liposomale pégylée chez l’homme
diffère significativement de celle rapportée par la littérature pour les préparations
conventionnelles de chlorhydrate de doxorubicine. À faibles doses (10 mg/m² - 20 mg/m²) la
doxorubicine liposomale pégylée présente une pharmacocinétique linéaire. Sur l’intervalle de
dose de 10 mg/m² - 60 mg/m² la doxorubicine liposomale pégylée présente une