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cette protéine virale dans le milieu extracellulaire, bloquant ainsi la fusion entre la membrane virale et
la membrane de la cellule cible, et empêchant l’ARN viral d'entrer dans la cellule cible.
Activité antivirale in vitro : dans un test recombinant phénotypique d’entrée du VIH réalisé chez des
patients issus des études cliniques de phase III, 612 échantillons du virus VIH recombinant contenant
les gènes env de l’ARN du VIH ont été prélevés à l’inclusion, la sensibilité à l’enfuvirtide a montré
une moyenne géométrique de la CE
50
égale à 0,259 µg/mL (moyenne géométrique
+ 2 CV = 1,96 µg/mL). L'enfuvirtide a également inhibé la fusion intercellulaire médiée par
l'enveloppe du VIH-1. Des études d'associations médicamenteuses combinant l'enfuvirtide à des
molécules représentatives de différentes classes d'antirétroviraux ont mis en évidence des activités
antivirales additives à synergiques et une absence d'antagonisme. La relation entre la sensibilité in
vitro du VIH-1 à l'enfuvirtide et l'inhibition de la réplication du VIH-1 chez l'homme n'a pas été
démontrée.
Résistance aux antirétroviraux : une suppression virale incomplète peut entraîner le développement
d'une résistance à une ou plusieurs molécules de l’association antivirale.
Résistance in vitro à l'enfuvirtide : des isolats du VIH-1 de sensibilité réduite à l'enfuvirtide présentant
des substitutions d'acides aminés (aa) en position aa 36-38 de l'ectodomaine de la gp41 ont été
sélectionnés in vitro. Ces substitutions étaient corrélées à différents niveaux de réduction de la
sensibilité à l'enfuvirtide sur les souches virales mutées pour ces positions.
Résistance in vivo à l'enfuvirtide : lors des essais cliniques de phase III, des échantillons de VIH
recombinant contenant les gènes env de l’ARN du VIH ont été prélevés jusqu’à la semaine 24 ; 187
échantillons ont montré une réduction de la sensibilité à l’enfuvirtide de plus de 4 fois par rapport aux
échantillons correspondants avant traitement. Parmi ceux-là, 185 (98,9%) des gènes env portaient des
substitutions spécifiques des régions aa 36-45 de la gp41. Les substitutions observées, par ordre
décroissant de fréquence, étaient en positions aa 38, 43, 36, 40, 42 et 45. Les substitutions isolées de
ces acides aminés de la gp41 ont entraîné chacune un niveau variable de diminution de la sensibilité
du recombinant viral à l’enfuvirtide par rapport à l’inclusion. Les moyennes géométriques de cette
décroissance allaient de 15,2 fois pour V38M à 41,6 fois pour V38A. Les exemples de substitutions
multiples étaient trop peu nombreux pour définir des combinaisons de substitutions multiples et leurs
conséquences sur la sensibilité virale à l’enfuvirtide par rapport à la valeur initiale. La relation entre
ces substitutions et l'efficacité de l’enfuvirtide in vivo n'a pas été établie. La décroissance de la
sensibilité virale était corrélée au degré de résistance au traitement associé (voir tableau6).
Résistances croisées : puisque sa cible sur le VIH est différente, l'enfuvirtide est tout aussi actif in vitro
sur les souches expérimentales de type sauvage ou les souches cliniques que sur les souches résistantes
à 1, 2 ou 3 autres classes d’antirétroviraux (analogues nucléosidiques de la transcriptase inverse,
inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse et inhibiteurs de protéase). Inversement, les
mutations en positions 36-45 de la gp41 qui confèrent une résistance à l'enfuvirtide ne devraient pas
donner lieu à des résistances croisées aux autres classes d'antirétroviraux.
Données de pharmacodynamie clinique
Etudes chez des patients déjà traités par antirétroviraux : l'efficacité de Fuzeon (en association avec
d'autres antirétroviraux) sur l’évolution de la charge virale (ARN viral plasmatique) et du nombre de
CD4 a été étudiée dans deux essais randomisés multicentriques contrôlés (TORO-1 et TORO-2) d'une
durée de 48 semaines. La population en intention de traiter (ITT) était composée de 995 patients. Les
patients à l’inclusion des bras de traitement Fuzeon + TO et TO seul avaient respectivement une
charge virale médiane de 5,2 log
10
et 5,1 log
10
copies/mL et un taux médian de CD4 de 88 et
97 cellules/mm
3
. Les patients ont été exposés à un nombre médian de 12 antirétroviraux pendant une
médiane de 7 ans. Tous les patients ont reçu un traitement optimisé (TO) comportant 3 à 5
antirétroviraux choisis en fonction de l'histoire thérapeutique du patient ainsi que de l'évaluation à
l’inclusion des résistances génotypiques et phénotypiques.