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Mécanisme d’action
L
’acide chénodésoxycholique exogène est utilisé dans le cadre d’une thérapie de remplacement pour
restaurer la rétro-inhibition perdue suite au déficit ou à l
’absence d’acide chénodésoxycholique
endogène. Dans la XTC, un défaut du gène CYP27A1 entraîne un déficit de production de l
’enzyme
27-stérol-hydrolase mitochondriale. Ce déficit bloque la synthèse d
’acides biliaires primaires par les
voies de synthèse classique (la voie neutre) et alternative (acide). Cependant, l
’acide cholique est
toujours synthétisé par une voie de synthèse microsomale alternative. Le résultat est un pool d
’acides
biliaires total très déficient en acide chénodésoxycholique et relativement enrichi en acide cholique.
Dans la XTC, le déficit en acide chénodésoxycholique inhibe la rétro-action de la cholestérol
7α-hydroxylase (CYP7A1) et de l
’HMG-CoA réductase, ce qui entraîne une production accrûe
d
’acides biliaires atypiques, d’alcools biliaires et de cholestanol responsable des pathologies liées à
cette maladie. Un remplacement par de l
’acide chénodésoxycholique exogène inhibe la CYP7A1 (par
l
’intermédiaire de son récepteur nucléaire FXR) et l’HMG CoA réductase, ce qui restaure la rétro-
inhibition.
Les principaux effets pharmacodynamiques de l
’acide chénodésoxycholique sont :
1. La réduction de la production de cholestérol : réduction du cholestanol sérique (action sur
l
’HMG CoA réductase).
2. La réduction de la production de cholestanol : réduction du cholestanol sérique (action sur
l
’HMG CoA réductase et la CYP7A1).
3. La réduction de la production d
’alcools biliaires et d’acide biliaires atypiques : par la
restauration de la rétro-inhibition de la synthèse des acides biliaires primaires (action sur la
CYP7A1).
Efficacité et sécurité cliniques
L
’efficacité et la sécurité ont été étudiées dans deux essais rétrospectifs menés dans deux centres en
Europe. L
’âge moyen de la population de patients de l'étude pivot était de 25,8 ans, soit un âge
inférieur à celui de la population de l
’étude justificative qui était de 35 ans de même, le degré
d
’invalidité des deux cohortes était différent avant l’instauration du traitement, avec un score
d
’invalidité plus élevé à l’inclusion pour l’étude justificative.
Dans l
’étude pivot CDCA-STUK-15-001, le traitement des patients atteints de XCT par l’acide
chénodésoxycholique 750 à 1 000 mg/jour chez l
’adulte ou 5 à 15 mg/kg/jour chez le nourrisson et
l
’enfant a été associé à une diminution statistiquement significative des taux sériques moyens de
cholestanol entre l
’inclusion et la période post-inclusion dans la population générale et dans les deux
sous-groupes de patients âgés de < 21 ans ou ≥ 21 ans lors du premier traitement. Les taux urinaires
d
’alcools biliaires ont diminué. Les scores sur l’échelle d’atteinte neurologique (Rankin et EDSS) se
sont stabilisés ou améliorés à la dernière visite de l
’étude chez 84,6 % et 76,9 % des patients,
respectivement. Les scores moyens de Rankin et EDSS ont montré une très légère augmentation
(aggravation) entre l
’inclusion et la dernière visite de l’étude, de 0,08 ± 0,74 et 0,27 ± 1,24 dans la
population générale. Cette augmentation n
’était pas statistiquement significative. Une amélioration
(diminution) statistiquement significative (p = 0,04) de -0,31 ± 0,48 du score moyen de Rankin a été
observée dans le sous-groupe de patients âgés de < 21 ans.
Au cours de l
’étude, les signes et symptômes de la maladie se sont résolus, améliorés ou stabilisés
chez une majorité de patients. Les diarrhées ont disparu chez la totalité (23/23 patients) des patients
qui présentaient ce symptôme à l
’inclusion. On a noté une résolution, amélioration ou stabilisation
chez 88,9 % (16/18) des patients atteints de troubles cognitifs. L
’épilepsie a été résolue chez la totalité
des patients (3/3) et on a observé une stabilisation ou une amélioration de la polyneuropathie chez tous
les patients concernés par ce symptôme (11/11). Les troubles pyramidaux ont été améliorés ou
stabilisée chez 60 % des patients (10/15) et les troubles cérébelleux chez 88,7 % (12/14). Il y a eu une
résolution, amélioration ou stabilisation des troubles psychiatriques chez 85,7 % des patients (6/7). En